A contre-cœur mais avec réalisme, la piscine de Salzinnes va devoir fermer ses portes. Et une nouvelle aventure aquatique se définir !

Namur est l’une des rares communes wallonnes à disposer de trois piscines communales sur son territoire. Deux d’entre elles (Jambes et Saint-Servais) furent construites dans les années 70 (il y a près de 40 ans !) et la première fut bâtie en 1957 à Salzinnes, il y a donc plus de 60 ans !

Pas besoin de longs discours pour comprendre qu’après autant de décennies dans un environnement humide, chaud et chloré, ces bâtiments publics ont fait leur temps, malgré la réalisation des entretiens nécessaires. Et Salzinnes tout particulièrement. Les bétons sont irrémédiablement atteints et les normes sanitaires et sécuritaires ont drastiquement évolué au fil du temps et se modifient d’ailleurs quasi chaque année ! Les machineries sont de plus en plus défaillantes, générant des fermetures à répétition qui contrarient les citoyens autant que les gestionnaires de l’outil.

Cette situation est vécue de manière similaire aux quatre coins de la Wallonie, de sorte qu’aujourd’hui, la moitié des piscines communales de Wallonie sont fermées ! Elles représentent des gouffres financiers qui peinent à obtenir les moyens de leur remise à niveau. C’est bien simple, à Namur, les pertes liées aux piscines représentent près de deux millions d’euros par an !

Conscient de cette situation depuis de nombreuses années, le Collège communal a entamé un vaste chantier de rénovation de ses piscines. Depuis dix ans déjà, des sommes considérables (plusieurs millions d’euros) ont été injectées pour réparer, restaurer, remettre à niveau, remplacer, mettre aux normes etc. une série des installations techniques et sanitaires de nos trois piscines.

Cela a d’abord commencé par la piscine de Jambes. Environ 1,5 million € ont déjà été injectés. Et le Bureau d’études Bâtiments de la Ville nous annonce qu’un investissement complémentaire de 6 millions € sera requis pour mettre complètement l’outil à niveau par rapport aux diverses nouvelles normes (sanitaires, sécuritaires, PMR,…). Nous ferons bel et bien cet investissement conséquent pour mettre la piscine de Jambes à niveau durant cette mandature.

La piscine de Saint-Servais vient de rouvrir il y a quelques jours après un long et profond chantier de rénovation qui aura coûté 5,5 millions €.

Quant à la piscine de Salzinnes, la doyenne mais aussi la plus mal en point, le Bureau d’études nous annonce, après plusieurs années d’analyse par des bureaux externes spécialisés, que près de 14 millions € de travaux sont nécessaires à son maintien en activité, tant les travaux à devoir y réaliser sont titanesques. Une telle somme, pour ne quasi rien avoir fonctionnellement de plus que l’actuel service (vu que l’essentiel des coûts est lié aux techniques spéciales, chaufferies, bétons, isolations, machineries, bassins, circuits d’eau, etc. c’est-à-dire rien de directement perceptible pour l’usager), cela nous apparaît totalement déraisonnable. A fortiori dans une période de turbulence budgétaire à laquelle la Ville de Namur est confrontée, comme deux tiers des communes wallonnes d’ailleurs, en raison de l’impact désastreux sur les finances communales d’une série de décisions prises par d’autres niveaux de pouvoir comme le tax shift, la réforme des pensions, les reports de charge sur le CPAS, l’insuffisance de financement des zones de secours et des zones de police…

Au total, ce sont donc plus de 21 millions € d’investissements qui sont requis pour un « statu quo » de services… 21 millions € uniquement pour des mises aux normes techniques et de bâtiment sans gain spécifique pour les usagers. Sans parler des coûts de fonctionnement générant un déficit de 1,8 millions € par an !

Toute personne raisonnable comprendra que c’est totalement excessif comme coût et un non-sens en termes de gestion des deniers publics.

C’est donc le cœur gros, au terme de plusieurs années d’analyse et sur base des éléments financiers désormais précisés et des coûts exorbitants qui seraient requis pour sa rénovation, que le Collège communal se voit contraint de fermer définitivement la piscine de Salzinnes au 31 décembre de cette année (espérant que des contrariétés techniques ne viennent pas anticiper cette date). Cette piscine au charme inégalé aura offert de bons et loyaux services, plus irréguliers depuis plusieurs années au vu de ses signes de fatigue, et proposé un grand nombre de bons moments et de souvenirs à plusieurs générations. Ce n’est donc pas une décision prise sans émotion.

Pour autant, le Collège communal estime qu’il faut pouvoir faire de cette contrariété une opportunité et souhaite tout mettre en œuvre pour maintenir l’offre de lieux de baignade à Namur en privilégiant l’investissement dans du neuf.

En effet, puisque les fréquentations des trois piscines témoignent de l’intérêt de la population, des écoles et des clubs de notre commune,il nous semble pertinent d’œuvrer à l’éclosion d’un nouvel outil aquatique afin d’accueillir un maximum de citoyens, écoles et clubs dans les meilleures conditions.

Selon nous, trois hypothèses destinées à permettre la création d’une nouvelle piscine plus fonctionnelle, plus polyvalente voire plus ludique à Namur ou dans le Grand Namur peuvent s’envisager et vont être explorées pour offrir un nouveau produit attractif aux Namurois, dans une démarche de coûts maîtrisés.

La Ville de Namur va en effet confier au BEP une mission destinée à étudier les scénarios suivants :

1.      La création d’un nouveau complexe aquatique aux abords de Namur voire sur le territoire d’une commune voisine, via une démarche intercommunale, dans une optique de mutualisation des coûts entre plusieurs communes désireuses de développer une piscine sans en avoir seules les moyens. On sait que La Bruyère, Eghezée et Fernelmont réfléchissent au projet de création conjointe d’une piscine publique. Gembloux a été contraint de fermer sa piscine également, pour des raisons de coûts de rénovation aussi. Peut-être ces communes et Namur, et d’autres de la région namuroise, pourraient-elles accepter de co-financer, chacune pour une part, la création d’un nouveau complexe aquatique en partageant les frais ? Voire même dans une optique de partenariat public-privé ? Cette hypothèse va d’ailleurs dans le sens de la volonté du Gouvernement wallon qui, nous l’espérons, pourrait apporter son soutien à cette démarche.

2.      La création d’une piscine extérieure et ouverte en Meuse (soit directement dans celle-ci, avec ou sans bac fermé, soit en berge immédiate de celle-ci) conformément aux ambitions témoignées par le Gouvernement wallon qui souhaite favoriser la réappropriation des fleuves pour la pratique de la natation sportive ou récréative. Déjà aujourd’hui, et de manière complémentaire, la Ville travaille sur un projet destiné à permettre la baignade en Meuse à certaines périodes de la semaine et de manière sécurisée, à la suggestion de clubs locaux.

3.      La création d’un nouveau complexe aquatique au sein de l’actuel bâtiment de la piscine de Salzinnes par un opérateur privé à qui la Ville pourrait céder l’infrastructure.

La Ville de Namur se voit donc contrainte de renoncer au titanesque chantier de rénovation et de mise aux normes de la piscine de Salzinnes, vieille de près de 65 ans, mais mettra tout en œuvre, de manière volontariste, pour recréer un nouveau lieu de baignade ou un nouvel outil aquatique moderne et attractif, avec ou sans autres partenaires publics ou privés. Les études du BEP devront définir les possibilités futures, attractives pour les usagers et financièrement soutenables pour les pouvoirs publics.

Le personnel affecté à la piscine de Salzinnes ne sera pas impacté par cette décision, mais réaffecté opportunément en fonction des besoins des autres outils sportifs communaux.

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